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Pier Paolo Pasolini Pages in the World
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Pier Paolo Pasolini
La vie

Pasolini à Casarsa. 
Son premier travail littéraire en frioulan. 
La guerre et l'"Academiuta". 
Avec sa mère, Pasolini se transfère à Rome

Né à Bologna en 1922, premier enfant de l'officiel de l'armée Carlo Alberto Pasolini e de Susanna Colussi, sa femme, institutrice d'école de Casarsa della Delizia dans la region du Friuli, en Italie, Pier Paolo Pasolini passe son enfance dans beaucoup de villes du Nord de l'Italie. 

Il est à Conegliano (1927) à l'école primaire, et ensuite à Belluno (19259), où est né son frère Guido. Après, il est encore à Conegliano pour fréquenter le lycée, école qu'il continue à Cremona et Reggio Emilia (voir quelques photos de l'enfance de Pasolini)... 

Je suis un homme 
né dans une ville pleine d'arcades en 1922. 
[...] 
Quant à la poésie, j'ai commencé à sept ans: 
mais je n'étais point précoce si non en volonté. 
J'ai été un "poète de sept ans" – 
comme Rimbaud – mais dans la vie seulement. 

[Il Poeta delle Ceneri, publié par Enzo Siciliano, "Nuovi Argomenti" n. 67/68 
(nouvelle série), Milano juillet/décembre 1980] 

En 1936, Pier Paolo Pasolini revient avec sa famille à Bologna, où il va obtenir le baccalauréat au lycée "Galvani" et ensuite il commence ses études universitaires en Lettres et Philosophie: ses professeurs étaient Carlo Calcaterra et Roberto Longhi, qui sera son professeur d'Histoire de l'Art et ensuite ami et en plusieurs circonstances collaborateur et  conseiller. 

Il commence quelques diverses techniques de peintre et il produit - jusqu'en 1947 -  des études et peint [on peut voir certains exemples de cette activité dans la séction "Pasolini pittore" (Pasolini peintre)]. A cette  époque (entre 1937 et  1944) Pasolini avait plusieurs d'amis: son cousin Nico Naldini, Fabio et Silvana Mauri, Luciano Serra, Roberto Roversi, Francesco Leonetti, Giovanna Bemporad. 

Avec Roversi, Serra et Leonetti, il créa, en 1942, la revue littéraire "Eredi" ("Héritages") et après "Il setaccio" ("Le tamis") avec Fabio Mauri et d'autres amis. Aussi dans cette période il lit Shakespeare et les oeuvres poétiques de Pascoli et Leopardi jusqu'à Rimbaud et Attilio Bertolucci. 

En 1943 la famille Pasolini réside à Casarsa (Versutta) à cause de la guerre et des nombreux bombardements sur les grandes villes. Sortent ses "Vilote" (forme de chansons) et un livre de "Saggi", essais qui Pasolini écrit sur la mort. 

En cette époque, avec Giovanna Bemporad, Pasolini fait des cours à Casarsa pour jeunes fils et filles qui, à cause de la guerre, n'ont pas la chance de fréquenter régulièrement l'école. 

Il part pour son service militaire pour une semaine (du 1er au 8 septembre du 1943) et qui terminera par l'armistice entre l'Italie et les alliés: Pasolini s'en fuit à pied vers Casarsa. Au mois de février du 1944 son frère Guido, engagé dans la division partisane "Osoppo" est tué à Porzûs par des partisans titoistes. 

Je pleure encore, chaque fois que j'y pense, 
mon frère Guido, 
un partisan tué par d'autres partisans, communistes 
(il été entré au Partito d'Azione, mais sur mon conseil; 
il avait, lui, commencé la Résistence, comme communiste), 
sur les hauteurs, maudites, d'une frontière 
déboisée, aux basses collines grises, désolantes préalpes. 

[Il Poeta delle Ceneri, publié par Enzo Siciliano, "Nuovi Argomenti" n. 67/68 
(nouvelle série), Milano juillet/décembre 1980]

.Les liens entre lui et sa mère et entre elle et le dialecte frioulane, son séjour à Casarsa pendant la guerre et ses expériences avec l'"Academiuta de lenga furlana" (l'"Académie de la langue frioulane"), fondée en 1944 pour les recherches et la diffusion de la culture frioulane, lui poussa à exprimer un délicat et fantastique monde poétique, témoigné par nombreuses poèmes publiés sous le titre de "Poesie a Casarsa" (1941-43),  et après réunis avec des autres poèmes dans "La meglio gioventù" ("La meilleure jeunesse") en 1954 (on aura  la refonte de ces poèmes en 1975, avec le titre "La nuova gioventù" ["La nouvelle jeunesse"]). 
Le plus grand affaire de ma vie a été ma mère 
[...] 
En 42, dans une ville qui résume si bien mon pays 
qu'on dirait presque un pays de songe, avec la grande poésie de l'impoétique, 
le fourmillement des paysans et des petites industries, 
une indéniable aisance, 
bon vin, bonne table, 
personnes bien et mal élévées, un peu vulgaires mais sensibles, 
dans cette ville j'ai publié ma première plaquette en vers, 
sous le titre, alors conformiste, de "Poèmes à Casarsa", 
dédiée, par conformisme, à mon père, 
qui l'a reçu au Kenya, 
– il était prisonnier là-bas, victime ignare et passive 
de la guerre fasciste. 
Recevoir mon livre lui a fait, je le sais, un plaisir immense: 
nous étions grands ennemis, 
mais notre inimitié fasait partie du destin, se situait hors de nous. 
Et comme signe de notre haine, signe inéluctable, 
preuve pour une enquête scientifique qui ne se trompe pas, 
– qui ne peut se tromper, – 
ce livre à lui dédié 
était écrit en dialecte du Frioul! 
Le dialecte de ma mère! 

[Il Poeta delle Ceneri, édité par Enzo Siciliano, "Nuovi Argomenti" n. 67/68 
(nouvelle série), Milano juillet/décembre 1980]

En avril et en août du 1944 paraissent deux numéros du "Stroligut di cà da l'aga", comprenant d'écrits en dialecte de Casarsa. Dans cette année il commence à écrire les poèmes qui sortiront avec le titre de "L'usignolo della Chiesa cattolica" ("Le rossignol de l'Eglise catolique"). Il fait paraître aussi "I Diari" ("Les carnets"). 

En 1947, à Casarsa, Pasolini s'inscrit au Pci (Parti Communiste Italien): cette expérience aura un reflet sur les thèmes des ses oeuvres, les poèmes de "L'usignolo della Chiesa cattolica" (publié en 1958), le roman  "Il sogno di una cosa" "Le rêve d'une chose" (publié en 1962), dedié sourtout aux luttes sociales des masses paysannes frioulanes. En ces ans il écrit aussi deux contes biographiques, "Atti impuri" et "Amado mio". 

En 1947 Pasolini était aussi professeur dans une école à Valvasone. En 1949, après avoir été mis en examen pour un soupçon détournement de mineur, il est exclu du Pci et il perd aussi son employ de professeur. 

Pendant l'hiver du 1949 il quitte Casarsa avec sa mère et il va s'installer à Rome où tous les deux vivront dans un quartier pauvre. Pasolini travaille, gagnant son pain comme professeur d'école tant que correcteur d'épreuves et journaliste (collaborations avec "Il popolo di Roma", "La fiera letteraria", "Il mondo" etc.) ; sa mère fut obligée pour quelques temps de s'embaucher comme femme de ménage. Son père les rejoindra seulement en 1951. 

Je m'enfuis avec ma mère, une valise et quelques bijoux qui se 
[révélèrent de echantillons sans valeur, 
sur un train lent comme un convoi 
[de marchandises, 
à travers la plaine frioulane 
[légèrement recouverte d'une 
[neige durcie. 
Nous allions vers Rome. 
[...] 
Nous arrivâmes à Rome, 
aidés par un oncle cher 
qui m'a donné un peu de son sang: 
je vivais comme peut vivre un condamné à mort 
toujours sous le harcèlement de cette pensée, 
– honte, chômage, misère. 
[...] 
je n'ai rien fait d'autre que souffrir et travailler farouchement. 
J'ai enseigné, après cette année de chômage qui marquait la fin d'une vie, 
dans une petite école privée, pour vingt-sept dollars par mois 
[...] 
Nous habitâmes une maison sans toit et sans crépi, 
une maison de pauvres, à l'extrême périphérie, près d'une prison. 

[Il Poeta delle Ceneri, édité par Enzo Siciliano, "Nuovi Argomenti" n. 67/68 
(nouvelle série), Milano juillet/décembre 1980]

>>>  (à suivre)
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